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Elections régionales: Violaine LUCAS une femme de terrain et de convictions

Violaine Lucas, de l’éloquence à l’action

 

violaineL’élue nazairienne, récemment arrivée en politique, est en lice pour les élections régionales, en deuxième position en Loire-Atlantique sur la liste du socialiste Christophe Clergeau. Sa voix posée, la finesse de ses traits et sa silhouette fluette contrastent avec la vigueur de son propos. Violaine Lucas est habituée à manier la langue et cela s’entend. Cette Nazairienne de 45 ans, qui a gagné un concours national d’éloquence, est une amoureuse de la littérature. C’est d’ailleurs la passion des livres, plus que celle de la pédagogie, qui l’a amenée à devenir prof, marchant ainsi sur les traces de son père. « Au départ, je n’avais pas de vocation pour ce métier » , reconnaît-elle sans détour. Elle qui était « en échec scolaire en filière scientifique, après une mauvaise orientation » , y vient pourtant. « Je voulais aussi être mère et je savais que ce serait compatible. Et finalement, c’est passionnant. » Après un détour par Cholet et Nantes, elle revient dans son lycée, Aristide-Briand, où elle enseigne depuis dix-huit ans, tout en élevant sa fille aujourd’hui âgée de 20 ans.

La cause des femmes

C’est là, aussi, qu’elle débute une vie militante. Militante syndicale, contre la réforme des retraites par exemple, et militante féministe. « Ma mère n’a pas pu faire d’études : elle a été placée à 5 ans à la Miséricorde qui, avant la guerre, remplissait le rôle de l’assistance publique, parce que ma grand-mère divorçait. » Une histoire familiale qui la pousse vers la cause des femmes, dans le sillage de Gisèle Halimi, qu’elle admire, et de son association Choisir la cause des femmes, à laquelle elle adhère. Violaine Lucas y fédère un groupe de bénévoles, qui travaille sur l’harmonisation du droit des femmes à l’échelle européenne. Elles sont auditionnées au Parlement européen et leur travail inspire une résolution adoptée en 2010 par l’Assemblée nationale. Si cette cause passionne Violaine Lucas, elle l’épuise aussi. « J’y passais mes vacances et mes weekends, j’ai dit stop. » Elle s’investit alors davantage au PS, dont elle a la carte depuis 2003. « Avec mes allers-retours à l’Élysée ou au Parlement européen, je mesurais l’écart entre les ors de la République et la réalité sociale des lycéens et de leurs parents. Un engagement politique ne se fait pas de façon abstraite. » En parallèle, elle reprend des études de droit. Avec le député et avocat Dominique Raimbourg, elle organise des assises de la justice pénale, à Nantes, en 2013. « Je me suis spécialisée dans les questions de tranquillité publique et de prévention de la délinquance, et j’ai fait des propositions à David Samzun. » Ce dernier la prend sur sa liste aux municipales, la nomme adjointe sur ces dossiers, avant de souffler son nom à Christophe Clergeau pour représenter le territoire nazairien dans sa liste. « C’est une bosseuse » , estime le maire.

Future avocate

Pour autant, pas question de lui confier deux fois plus de travail. Car la section socialiste nazairienne appliquant un strict non-cumul des mandats, elle quittera ses fonctions au conseil municipal, qu’elle soit dans la majorité ou dans l’opposition. Elle passera la main sur les projets qu’elle porte, notamment la vidéo-protection et la police municipale, thèmes qui divisent la majorité nazairienne, EELV et PC affichant leur scepticisme. Vingt mois seulement après son arrivée aux affaires, elle vise une ascension vers l’échelon régional : trop rapide, pour une quasi-novice en politique ? « Elle sait repérer les problèmes et les analyser, elle est de taille à se confronter à de tels enjeux » , estime l’ex-sénatrice Marie-Madeleine Dieulangard, qui la connaît de longue date. « J’ai vingtcinq ans de militantisme derrière moi ! » , rappelle, de son côté, la principale intéressée, propulsée dans une campagne autrement plus serrée que les municipales nazairiennes de l’an dernier. « Plus on nous donne perdants, plus cela me donne la niaque. » Celle qui se projette, un jour, dans une carrière d’avocate, sait aussi plaider sa propre cause.

Claire DUBOIS. ouest france du 10 novembre 2015

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